La langue anglaise, elle, ne semble pas touchée par le Brexit. Au contraire, elle aurait même tendance à envahir de plus en plus le français, comme on va le voir dans les lignes qui suivent. Curieuse
expression, par exemple, que celle-ci : "parler cash"
ou même tout simplement "être cash".
Cela me fait penser au "parler vrai" cher aux hommes politiques sur
le point d'annoncer des hausses d'impôts … Mais pourquoi cash ? L'idée est celle d'un discours franc, direct, voire brutal
où le locuteur ne va pas s'embarrasser de diplomatie. Comme dans le cas d'un
paiement comptant, l'auteur d'un propos cash
dévoile ses intentions sans filtre, alors qu'un propos plus diplomatique
évoquerait plutôt un paiement à crédit qui ne produit tous ses effets qu'une
fois arrivé à échéance.
Cash n'est que l'un des innombrables
emprunts à l'anglais qui parsèment la langue française. Si un propos cash est le plus souvent oral, on peut
aussi le trouver dans un mail ou un e-mail. Que celui qui n'a jamais utilisé
ce terme jette la première arobase ! Pourtant différentes expressions bien
françaises existent pour désigner le courrier électronique : par exemple le courriel que nous devons au génie de nos
cousins canadiens francophones, lesquels ont également inventé le terme de pourriel pour désigner le spam ou courrier indésirable. Plus
rarement, on rencontre polluriel.
Quant à l'origine de mot spam, elle
se trouverait dans un sketch des Monthy Python… Outre courriel, le terme de mél
a également connu son heure de gloire : formé à partir des premières lettres de
message électronique, le mél
offre l'avantage d'avoir une prononciation très proche de mail. Et n'oublions pas l'étymologie bien française de mail : la malle poste !
Les TIC
(Technologies de l'Information et de la Communication) regorgent de termes anglo-américains.
Ainsi la digitalisation est très en
vogue ces temps-ci dans le monde de l'entreprise. Nous savons pourtant qu'à
l'adjectif anglais digital correspond
numérique en français. Alors,
pourquoi ne pas dire tout simplement numérisation
? Tout simplement parce que ce terme est déjà pris et désigne le fait de numériser un document au moyen d'un
scanneur. Il existe pourtant d'autres solutions, comme par exemple transition numérique, voire révolution numérique pour les
entreprises les plus ambitieuses. Il est hélas tellement plus facile de dire digitalisation que de faire l'effort
d'utiliser une formule plus authentiquement française.
En 1964,
René Étiemble publiait "Parlez-vous franglais", une charge sans
concession contre la contamination de la langue française par l'anglais.
C'était il y a plus d'un demi-siècle …
Souvent, les termes anglais n'ont pas d'équivalent en français. Par exemple " empowerment", traduit par " autonomisation", ce qui n'est qu'une partie du sens, ou , pire, " empouvoirement" au Québec. Je pense que dans notre pays Jacobin et centralisé, le concept même de ceder une parcelle de pouvoir de l'Etat est anathème. Même chose pour " gender mainstreaming",
RépondreSupprimerJe ne suis pas sûr que le problème soit dû principalement à l'absence d'équivalent. Et d'ailleurs, une langue s'enrichit en se frottant aux autres. Mais ce qui est dommage, c'est que souvent la paresse l'emporte sur la créativité. Mais c'est sans doute la nature humaine ...
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