dimanche 24 février 2019

Comme leur nom l'indique...


Qui de nous ne s'est jamais esclaffé devant un patronyme étroitement lié à la profession de la personne qui le porte. Le Docteur Molaire pouvait-il être autre chose que dentiste ?

Ce phénomène, plus fréquent qu'on ne croit, s'appelle aptonymie. Historiquement, les noms donnés aux personnes étaient souvent liés à leur aspect physique, leur provenance géographique ou l'activité qu'elles exerçaient. Les Dupont habitaient souvent non loin d'un pont, les Legrand se distinguaient par leur taille, tout comme les Lepetit, et il est probable que les Chevrier pratiquaient l'élevage caprin.

Mais de nos jours, les anthroponymes nous sont légués depuis de nombreuses générations et il est plutôt rare qu'un individu ait encore les caractéristiques physiques, la localisation géographique ou le métier de ses arrière-arrière-grands-parents. Voilà ce qui rend d'autant plus amusante cette apparente prédisposition que certains, du fait de leur nom, ont pour une profession donnée.

L'agriculture offre de nombreux exemples d'aptonymie :

Loïc DELAGNEAU est un éleveur de chèvres en Lorraine
Marc DUFUMIER est agronome et spécialiste du développement agricole
François PURSEIGLE est lui aussi agronome, ingénieur en agriculture et docteur en sociologie rurale
Romain LEBOEUF est boucher et Meilleur Ouvrier de France
Eric TABANOU est Directeur général de France Tabac

Il ne serait certainement pas difficile de prolonger cette liste.

La profession médicale n'est pas non plus avare en aptonymes.


Amandine DELIRE est psychologue clinicienne : sa patientèle est-elle séduite par son nom ?


Le Docteur Michel SIMAL, n'hésite certainement pas à prescrire des analgésiques.
Le Docteur Véronique CAVERNES est, vous l'aurez deviné,… dermatologue !

Avant de devenir Premier Ministre, Edith CRESSON fut naturellement Ministre de l'agriculture.

Et qui d'autre que Charles de GAULLE pouvait redresser la France au lendemain de la Deuxième guerre mondiale ?

Quant à Jean-Marie FROIDEFOND, c'est un océanographe réputé, spécialiste, entre autres, de l'étude des courants froids en profondeur !

Et comment ne pas conclure ce billet sans mentionner Jean-Claude TRICHET qui fut Gouverneur de la Banque de France avant de devenir Président de la Banque Centrale Européenne.

samedi 12 janvier 2019

J'en jaunis à l'idée...


Le jaune est très tendance par les temps qui courent. Il nous a donc paru intéressant de nous pencher sur l'étymologie et, plus généralement, la sémantique de cette couleur.

Comme nous l'apprend l'excellent Dictionnaire historique de la langue française (éditions Le Robert), jaune nous vient du latin galbus et galbinus qui signifie vert pâle ou jaune-vert. Cette étymologie apparaît encore plus nettement dans l'allemand gelb et l'anglais yellow. Pourtant l'adjectif latin désignant habituellement la couleur jaune est flavus (qu'on retrouve dans flavescent).

Depuis le 13ème siècle, le jaune, également la couleur de l'or et du safran, désigne la teinte que prend la peau d'une personne malportante. La jaunisse est là pour le rappeler. Au sens figuré, la locution familière en faire une jaunisse signifie "éprouver du dépit". Quant à la redoutable fièvre jaune elle s'appelle ainsi parce qu'elle est provoquée par un flavivirus (du latin flavus = jaune).

Le maillot jaune, qui distingue le premier au classement du Tour de France, s'appelle ainsi en raison de la couleur du papier du journal L'Équipe lors de la création de l'épreuve. Le jaune est choisi comme symbole positif de la couleur solaire.

Mais, à l'exception du maillot jaune, cette couleur se retrouve presque toujours dans des expressions à connotation fortement péjorative, comme par exemple le péril jaune pour qualifier la menace démographique et aujourd'hui économique qu'on attribue aux Asiatiques. Le jaune est également la couleur associée à Judas, mais c'est aussi la couleur du soufre, instrument des forces lucifériennes. C'est d'ailleurs cette propriété infâmante que l'on retrouve dans l'ignoble étoile jaune imposée aux juifs par les nazis en référence au passeport jaune des anciens forçats.

Et quand on dit de quelqu'un qu'il rit jaune, qu'entend-on exactement par là ? Deux origines possibles : chez Saint-Simon au 18ème siècle, les hépatiques au teint jaune ne pourraient rire que de manière forcée en raison des désagréments causés par leur maladie. Mais beaucoup plus tôt, en 1640, on trouve sous la plume d'Antoine Oudin, interprète à la cour de Louis XIII, l'expression "il rit jaune comme farine" ; or, dans l'argot de l'époque, la "farine" ne désignait pas l'aliment, mais une personne vicieuse. Par conséquent "rire jaune" voulait dire rire de manière malsaine et dissimulatrice.

Sont également qualifiés de jaunes les briseurs de grève, par référence au syndicalisme jaune qui s'oppose au syndicalisme rouge révolutionnaire. L'emblème des syndicats jaunes créés en 1899 était un brin de genêt et un gland jaune.

Et comment ne pas conclure ce billet sans évoquer le jaune, la couleur des … cocus. C'est en raison de toute la symbolique négative attachée à cette couleur qu'on l'attribue ainsi aux cocus. La locution être peint en jaune signifie "être trompé par sa femme".

P. S. Si les gilets que les automobilistes sont tenus d'emporter dans leur voiture sont jaunes, c'est pour pouvoir être vus de loin, sécurité oblige.

lundi 31 décembre 2018

A chacun sa madeleine

La madeleine de Proust est peut-être l'une des expressions françaises les plus fréquentes. On l'utilise pour désigner la remontée de souvenirs souvent chargés d'émotion provoquée par un événement de la vie quotidienne. C'est au narrateur d'"A la recherche du temps perdu" dans "Du côté de chez Swann", premier tome du roman de Marcel Proust, qu'on doit cette madeleine. Mais pourquoi la madeleine s'appelle-t-elle ainsi ? L'étymologie la plus pittoresque met en scène l'ex-roi de Pologne Stanislas Leszczynski et une jeune cuisinière de Commercy, Madeleine Paulmier, servante de la marquise Perrotin de Baumont : alors que le souverain donnait une réception en son château, une querelle entre l'intendant et le cuisinier amena ce dernier à quitter les lieux en emportant avec lui le dessert qu'il avait préparé. Fort marri de se retrouver ainsi privé de dessert, l'ex-roi s'enquit d'un plan B : la jeune servante Madeleine lui proposa une recette qu'elle tenait de sa grand-mère, un petit gâteau moulé dans une coquille Saint-Jacques. Les convives s'en délectèrent, tant et si bien que Stanislas Leszczynski lui donna le nom de la jeune cuisinière. Se non è vero…

Les noms des gâteaux et pâtisseries sont souvent des casse-tête pour les étymologistes. Ainsi quid du baba au rhum ? Encore une fois, nous allons retrouver Stanislas Leszczynski : ce dernier, exilé en Lorraine, trouvait le temps long et remédiait à son ennui en lisant les Contes des Mille et Une Nuits qu'il adorait. Souvent, on lui servait au dessert un kouglof, spécialité de l'Alsace voisine. S'il appréciait ce gâteau, il le trouvait néanmoins un peu sec et eut l'idée, pour lui donner du moelleux, de l'arroser d'une rasade de rhum. Et quoi de plus naturel alors que de donner à cette création le nom de l'un de ses héros préférés, (Ali) Baba. Ainsi naquit, dit-on, le baba au rhum.

L'éclair, quant à lui, tirerait son nom du fait que cette pâtisserie est tellement bonne qu'elle se dévore "en un éclair". A moins qu'une dégustation ultra-rapide ne soit rendue nécessaire par la crème pâtissière qu'il contient et qui risquerait de couler si on ne l'engloutit pas prestement. Enfin, troisième origine possible, l'éclair pourrait être appelé ainsi en raison de son glaçage si brillant qu'il reflète les rayons de lumière et produit ainsi des éclairs.

L'étymologie de la religieuse est des plus incertaines. Pour les uns, la couleur du glaçage de cette pâtisserie évoquerait la robe des religieuses. Pour les autres, le gros chou surmonté d'un chou plus petit pourrait faire penser à une bonne sœur en habit de nonne. Et d'où nous vient alors le pet-de-nonne ? Là encore, plusieurs possibilités : il aurait pu s'agir, à l'origine, de paix-de-nonne ; ce beignet aurait été ainsi nommé car sa recette, inventée par une religieuse, aurait été donnée à un couvent voisin et ennemi pour faire la paix avec celui-ci. Autre étymologie plus prosaïque : une novice de l'Abbaye de Marmoutier se serait malencontreusement laissée aller à émettre un "vent" au moment de la préparation du repas. Très gênée en présence de ses coreligionnaires, elle aurait, en chancelant, laissé tomber une cuillerée de pâte à chou dans une marmite de graisse chaude : ainsi serait né le pet-de-nonne.

Concluons cette chronique culinaire par le paris-brest, pâtisserie de forme circulaire composée d'une pâte à chou fourrée de crème pralinée et parsemée d'amandes effilées. La création de ce gâteau est attribuée à un pâtissier de Maisons-Laffitte, Louis Durand, qui imagina en 1910 cette pâtisserie en forme de roue de bicyclette pour célébrer la course cycliste Paris-Brest-Paris.

Avec ce dernier billet de l'année 2018 qui, je l'espère, vous aura ouvert l'appétit pour les agapes de la Saint-Sylvestre, je vous présente, chers amis de ce blog, mes vœux les plus chaleureux pour une nouvelle année enrichissante dans tous les sens du terme.

dimanche 14 octobre 2018

Bonheurs et surprises


Je vous invite, amis lecteurs, à découvrir sans tarder "Bonheurs et surprises de la langue" paru aux éditions Philippe Rey. L'auteur de ce délicieux ouvrage n'est autre que … l'Académie française.

Ce recueil, organisé selon l'ordre alphabétique – comment aurait-il pu en être autrement de la part des gardiens du Dictionnaire – nous promène au gré des étymologies les plus inattendues dans la langue française.

On y découvre par exemple que le nom grec kauma a donné aussi bien calme, chômage, encaustique qu'holocauste. On y apprend  comment le verbe latin dividere (diviser) est à l'origine de devise (au sens de monnaie ou de formule concise), de devis et du verbe deviser, mais aussi que le compte et le conte nous viennent l'un et l'autre de computare (calculer) ou bien encore que pécule, pécuniaire et pécunieux (et impécunieux) sont issus du latin pecus qui désigne un troupeau. On apprend aussi que capital et cheptel sont apparentés.

Mon propos n'est pas de proposer un résumé de ces 280 pages, mais de vous donner envie de vous plonger dans ces pittoresques pérégrinations linguistiques. Un banquier serait certainement surpris d'apprendre que, comme un saltimbanque,  son métier est lié à un banc (comme celui du commerçant dans un marché) ; mais quand les choses deviennent trop bancales elles risquent de finir par une banqueroute. Vous aimez la langue française ? Eh bien banco !, ce livre est fait pour vous.

mardi 9 octobre 2018

Cornélien ou platonique ?

Langue et littérature sont indissociables. La langue est évidemment la matière première, la glaise pétrie par l'auteur pour en faire une œuvre littéraire ou poétique. Mais si la langue nourrit l'écriture, l'inverse est aussi vrai et l'on connaît d'innombrables exemples d'auteurs ou de personnages littéraires qui sont venus enrichir la langue. Faire le tri peut s'apparenter à un choix cornélien. Quand, tel le Cid de Corneille, on est tiraillé entre les sentiments et le devoir, le choix est effectivement cornélien.

Remontons un peu plus loin dans l'histoire, jusqu'à Platon par exemple, qui, dans sa générosité, nous a gratifié de deux adjectifs (pour le prix d'un) : platonicien et platonique. Si platonicien se rapporte simplement à la philosophie de Platon, platonique  renvoie à un concept d'idéal, de pureté, dénué de toute sensualité. Quand l'amour est platonique, point de gaudriole !

C'est au début du 16ème siècle que Nicolas Machiavel écrit "Le Prince". Mais il faut attendre la fin du 18ème siècle pour que le machiavélisme (et l'adjectif machiavélique) prennent leur sens actuel : le recours au cynisme, à la ruse et à la mauvaise foi pour arriver à ses fins sans s'embarrasser de scrupules moraux. Quant au poète florentin (comme Machiavel) Dante Alighieri – 1265-1321 -, auteur de la Divine Comédie qui retrace l'itinéraire de l'auteur en enfer, au purgatoire et au paradis, il nous a légué l'adjectif dantesque qui qualifie quelque chose de sombre, grandiose et vertigineux par référence à la tonalité de l'œuvre de Dante.

François Rabelais eut aussi une influence majeure sur notre langue, à commencer par l'adjectif rabelaisien qui, lorsque qu'il ne se rapporte pas directement à l'auteur ou à son œuvre, prend le sens de grivois, licencieux, truculent – comme par exemple un rire rabelaisien. Et si nous recevons un convive à l'appétit pantagruélique, veillons à lui préparer un repas gargantuesque (et vice-versa).

Quant à Pygmalion, dans les Métamorphoses d' Ovide le sculpteur tombé amoureux de sa statue Galatée, on le retrouve dans de nombreuses œuvres littéraires, de Jean-Jacques Rousseau à George-Bernard Shaw en passant par Goethe et le musicien Jean-Philippe Rameau. Quand il devient un nom commun, un pygmalion désigne une personne qui cherche à façonner l'être aimé, pour le conduire à la réussite, un peu comme un mentor d'ailleurs, puisque Mentor est, dans l'Odyssée d'Homère, l'ami d'Ulysse et précepteur de son fils, Télémaque.

Ce billet serait incomplet, si l'on ne faisait pas une place à Jean-Baptiste Poquelin, plus connu sous le nom de Molière. Nous lui devons, entre autres, tartuffe et tartufferie : un tartuffe est un hypocrite ("Couvrez ce sein que je ne saurais voir"). Mais Molière nous a aussi légué le personnage d'Harpagon : passé dans la langue courante on qualifie volontiers d'harpagon une personne avare.

Et pour conclure je vous engage à ne jamais confondre un gavroche avec un rastignac !

lundi 1 octobre 2018

FOR-MI-DABLE - Bon vent Monsieur Aznavour !



L'immense Charles Aznavour vient de nous quitter. Ayons une pensée pour lui à travers cette chanson de 1964 qui est un vibrant hommage à la langue française.


For me, formidable

You are the one for me, for me, formi, formidable
You are my love, very, very, véri, véritable
Et je voudrais un jour enfin pouvoir te le dire
Te l'écrire
Dans la langue de Shakespeare
My daisy, daisy, dési, désirable
Je suis malheureux
D'avoir si peu de mots à t'offrir en cadeau
Darling I love you, love you, darling, I want you
Et puis c'est à peu pres tout
You are the one for me, for me, formi, formidable
You are the one for me, for me, formi, formidable
But how can you see me, see me, si mi, si minable
Je ferais mieux d'aller choisir mon vocabulaire
Pour te plaire
Dans la langue de Molière
Toi, tes eyes, ton nose, tes lips adorables
Tu n'as pas compris
Tant pis, ne t'en fais pas et
Viens-t'en dans mes bras
Darling I love you, love you, darling, I want you
Et puis le reste, on s'en fout
You are the one for me, formi, formidable
Je me demande même pourquoi je t'aime
Toi qui te moque de moi et de tout
Avec ton air canaille, canaille, canaille
How can I love you?

Paroliers : Charles Aznavour / Jacques Plante

dimanche 30 septembre 2018

Froid ? Moi, jamais !


Alors que la canicule (cf. mon billet du 6 août 2018) n'est plus qu'un lointain souvenir, en ce début d'automne nous devons nous accoutumer à nouveau à des températures plus fraîches. Le temps qu'il fait est peut-être le sujet de conversation le plus fréquent et, par conséquent, notre langue fait une large place à quantité d'expressions liées à la météo.

Ces jours-ci, nous sommes tous aperçus que "le fond l'air est frais". J'ai beau scruter l'atmosphère, je n'ai jamais vu le fond de l'air, pas plus que sa surface, ni son épaisseur. Il n'empêche : le moment est venu de mettre une petite laine si l'on ne veut pas prendre froid, voire attraper un refroidissement. Il est curieux de constater que la cause d'un rhume, à savoir le froid ou le refroidissement, donne ainsi son nom à la pathologie elle-même. Et c'est la même chose en anglais (cold) et en allemand (Erkältung).

Mais pourquoi donc dit-on, quand la chute des températures est prononcée, qu'il fait un froid de canard (et non pas un froid de connard comme je l'ai entendu dire par un non-francophone qui présumait de ses capacités idiomatiques) ? La raison serait la suivante ; lors de la chasse au canard, qui se pratique principalement durant l'automne et l'hiver, le chasseur doit rester immobile durant des périodes prolongées jusqu'à être transi (du latin transire – aller au-delà, transpercer). Plus triste, l'expression un froid de gueux, qui fait sans doute référence à la misérable condition des gueux qui n'avaient pas de quoi se chauffer. Quant à l'argot cailler – même étymologie que coaguler -, ce verbe renvoie au fait que le froid amène – au sens figuré – le sang à se coaguler en caillots.

Alors que l'être humain est un animal à sang chaud, on lui demande souvent, face à une situation délicate, de garder son sang-froid, autrement dit de ne pas s'échauffer. Quand la situation devient dangereuse – peut-être au point qu'elle vous glace le sang -, non seulement faut-il garder son sang-froid, mais celui qui n'a pas froid aux yeux sera certainement avantagé : l'étymologie de cette dernière expression est incertaine ; une hypothèse : sachant qu'avoir froid au cul signifiait avoir peur et que l'œil en argot pouvait désigner ledit cul, celui qui n'a pas froid aux yeux désigne par conséquent un individu courageux et déterminé. Le froid est souvent associé à la peur, comme par exemple dans l'expression faire froid dans le dos. La peur et le froid ne sont-elles pas les principales causes des tremblements ? Voici une anecdote historique pour le rappeler :
Astronome et littérateur, président de la Constituante, puis maire de Paris, Jean-Sylvestre Bailly fut, comme tant d'autres révolutionnaires de la première heure, condamné à mort par la convention.
Il faisait déjà froid et il pleuvait ce 10 novembre 1793, le jour fixé pour son supplice, et le bourreau n'en finissait pas de préparer sa sinistre machine. Transi jusqu'à la moelle, Bailly grelottait de manière incoercible.
"- Tu trembles, Bailly, lui dit, gouailleur, un assistant du bourreau.
- Oui, mon ami, mais c'est de froid."

Quant à l'auteur d'un propos ou d'un acte déplacé, qui crée un malaise dans une assemblée, on dit volontiers qu'il jette un froid, sans doute parce que tout le monde se fige. Il ne devra pas alors s'étonner de ce que ses interlocuteurs lui battent froid, autrement dit lui manifestent de l'indifférence, voire de l'hostilité. On n'ira tout de même pas jusqu'à le refroidir, un des nombreux verbes qui signifient "tuer" en argot.

Chères lectrices, chers lecteurs, j'espère que ce billet de rentrée ne vous aura pas laissés froids.